Mount Gambier

Blue Lake

L’attraction principale de Mount Gambier est le Blue Lake. Un lac bleu, très bleu. On peut le voir à partir de 2-3 points de vue, disposés alentour. Toutefois on ne peut pas y descendre, puisque c’est la réserve principale d’eau de la ville, donc la municipalité préfère la protéger.  C’est plate un peu… (surtout après avoir vu le Lac Tekapo, disons que c’est dur à battre.)

Ewens Pond

Une brochure de la région vantait la beauté des quelques ponds de la région.  Il y avait un petit icône de snorkeling à côté : il en faut pas plus pour que je prenne mon kit de snorkeling et y aille. On se renseigne avant. Hmm, vaut mieux avoir un wetsuit. Une visite au shop de plongée le plus proche, et on est prêt. On descend dans le petit étang clair. Ouff c’est frette! Mais l’eau est vraiment claire, on voit très bien les algues vertes fluos et rose. Je nage les mains en l’air (mon seul bout de corps non-couvert de néoprène).  Je suis un peu déçue car il n’y a presque pas de poisson, heureusement la végétation est vraiment belle. C’est vraiment zen comme lieu. Un peu plus bas je vois des antennes qui dépasse d’en dessous d’une roche. Je fais signe à Rémi ; hey un homard! En fait c’est un Yabbie (grosse écrevisse).

Make it or break it

C’est ce que tout le monde disait à propos d’un couple qui part en voyage si longtemps ensemble. C’est en étant 24h sur 24 ensemble que vous voyiez si vous êtes vraiment faits l’un pour l’autre. Ça fait progresser la relation super rapidement, comme si soudainement  vous gagniez la relation gagnait 10 ans de plus. Ils avaient pas tort. C’est très difficile d’être ensemble 24h sur 24. Surtout lorsqu’on est fatigués, qu’on se retrouve dans des situations frustrantes ou paniquantes, qui tournent en rond sans issue possible…  Lorsqu’on est fatigués, à conduire plusieurs heures. Lorsque ca coute cher et que le budget est serré. Un rien devient source de chicane. Ça demande beaucoup de patience, voir de zénitude. Chose qu’on n’a pas assez. J’avoue que je peux stresser ou paniquer facilement. Et Remi a la mèche assez courte. Alors c’est pas du tout un bon mélange.

On a donc le regret de vous informer que c’est ici, à Melbourne, que notre chemin se sépare. Ça fait deux semaines qu’on essaye plein de choses, se laisser du temps séparé, analyser la chose, en parler, en parler, en parler. Ça change pas qu’on est rendu a un point tel que recoller les morceaux cassés s’avère de plus en plus infaisable. On se sent triste, fâchés, misérables. C’est très lourd. On est a l’autre bout de la planète, dans un voyage qui devrait etre celui de notre vie, on va pas le vivre en se sentant misérables pendant des mois! .. J’en parlais à une fille ici (on habite dans une maison avec 10 Francais), elle m’a dit à un moment, «… si vous restez ensemble avec cette ambiance, vous finirez par vous hair.» Faudrait vraiment pas en venir à ce point…

C’est peut-être aussi moi le problème, Rémi fait des efforts, il est tellement drôle, charmant et serviable, c’est quelqu’un d’extraordinaire. Mais en ce moment, j’arrive juste pas à autant l’apprécier qu’avant. C’est étrange. On a tellement de choses en commun, on se connait très bien… Je suis juste confuse en ce moment, j’ai vraiment besoin d’être seule on dirait.

Mon plan pour les 2-3 prochaines semaines : Je vais en Tasmanie. Au début je pensais remonter la côte est, mais il pleut encore beaucoup, alors je vais attendre. J’ai posté une annonce sur gumtree pour trouver des compagnons de voyage avec voiture. Ya que du monde ben ben sketch qui m’ont écrit (dont un messieu disant, Hey how about you come with me to Dubai, im looking for a gorgeous girl like you. It would be better that camping, no?…Euh…not!).  Sur un autre forum (http://www.australia-australie.com/ ) j’ai vu une annonce d’un gars Québécois, Victor, s’en allant en Tasmanie avec son char. Sur son annonce, il y avait son profil de couchsurfing (avec références, c’est toujours apprécié, surtout pour rassurer les parents).  Il va rejoindre deux allemandes à Launceston, lundi. Parfait. Je suis encore plus contente vu qu’on sera plusieurs. On m’a dit beaucoup de bien de la Tasmanie et de ses parcs, je crois que ce sera un plan parfait pour me changer les idées.

Rémi lui de son côté va remonter la east coast. Il a contacté un couple de touristes qui se cherchait un lift, afin de séparer les couts. Il va retourner à Noosa, aller faire du kite. On va continuer de se tenir au courant au fur et à mesure de nos déplacements. On n’ôte pas la possibilité de se rejoindre plus tard, en Asie, pour peut-être faire un bout de chemin ensemble. On veut tout de même voir les mêmes choses, et on reste malgré tout, des amis.

Adélaide, Adélaide, Adélaide…

Pendant les mois de février et mars, Adélaide rayonne par ses festivals. Le plus connu est le Fringe. Le Garden of Unearthy Delights est l’endroit principal ou se déroule plusieurs des événements. Il y a des spectacles de musique, d’humour, de cirque, de marionnettes, de magie, et de plusieurs autres choses random. Je suis allée à un show de beatbox, le gars était incroyable. Rémi et moi sommes aussi allés avec Ben et une autre couchsurfeuse italienne (Giulia) à un spectacle d’humour nommés les 3 Canadians. J’avais entendu qu’un des humoristes critiquait les french canadians et j’étais bien curieuse de voir ce qu’il avait à dire. Toutefois la soirée qu’on est allés il ne faisait pas partie des 3 featured (good for him! :P).  Le Garden est constitué de plusieurs petites, moyennes et immenses tentes stylish (circus syle), de quelques manèges (marteau, grande roue, etc), de plusieurs petites boutiques (dont une gypsie québécoise qui faisait des tresses et tatoos temporaires) et de petits restos-bars (dont un bar dans un autobus, vraiment stylish! Aussi un autre dont les sièges étaient carrément des vélos vintage). Les immenses gumtree sont décorés de petites et grandes lumières multicolores ou de lanternes encore très stylisées. Des centaines de personnes envahissent le Garden chaque soir (sauf le lundi ou il est fermé) pour y voir un show ou simplement -chiller- (ou pavaner dans leur plus belle robe pour les filles). Faut dire que le monde est beau en Australie. Comme au Québec je dirais. Bref il y avait vraiment de l’ambiance dans ce Garden. Il y avait tellement plein d’autres festivals à venir dans les jours qui suivaient (futuremusic, womadelaide, etc..), ça se sentait dans l’air que c’était le moment d’y être. Il y eu aussi le Clipsal (course de voitures dans la ville) lors de notre séjour ; on entendait les voitures tout le long de la journée à quelques kilomètres à la ronde. Mon seul regret est de n’être pas allée à une silent disco : soirée ou tout le monde porte des écouteurs et la musique joue dans ceux-ci au lieu de dans la boite de nuit, ça doit être assez spécial! Il parait toutefois que dès que l’été finit (avril) la poussière retombe et la ville redevient plus morne, en attente des prochains festivals de l’été suivant. À Montréal on a une tonne de festivals l’été, mais au moins il y a d’autres trucs l’hiver et tout le long de l’année pour nous consoler, ce qui semble pas le cas à Adélaide.

Sinon quoi dire d’autre à propos d’Adélaide… Il y a des tonnes d’églises! Et souvent, 2-3 les unes à côté des autres. La ville est littéralement encadrée pas une des jardins et il y a plusieurs gros arbres partout. J’ai pris le bus une dizaine de fois ; quelques bus passent par la voie express, O-Banh, qui leur est exclusivement réservée. Le chemin entre la ville et la banlieue passe étonnamment par des jardins et longe une rivière : ça change du traffic montréalais!  La voie est constituée de deux -tracks- de la largeur de l’autobus, je crois que les roues de celui-ci prennent place exactement dans celles-ci et ne peuvent y dévier. Faut que je prenne un moment pour remercier un chauffeur de bus très généreux, nommé Steve, qui après sa dernière run, a eu pitié de moi (je venais de rater le dernier bus à 11h40pm) et m’a gentiment offert un lift privé en bus. Merci Steve. Je parle que je prenais le bus, mais généralement les Adélaidiens (??) ont un char. La ville est assez étendue et les bus ne passent pas super tard. Pas grand monde (pour pas dire personne) en vélo.

Une chose qui m’enchante facilement ce sont les oiseaux. J’adore voir une envolée de lorakeet (multicolores). Dans les parcs, souvent on peut apercevoir des ibis noir et blancs qui percent le gazon de leur bec, à la recherche de nourriture. Sur les fils électriques je vois quelquefois des galah (perroquets roses et gris). Et le long de la route, des assez gros groupes de perroquets blancs aux joues rouges. Les magpies sont partout (genre de corneille), leur cri est assez intense. Dans la ville, le long de la rivière bordant le casino, il y a des pélicans et plusieurs cygnes noirs.

Péripétie de char

On avait prévu de partir il y a un mois. On packe la veille, on fait nos adieux à Ben et Roger. Rémi amène le char au garage pour un changement d’huile et check up (le moteur faisait un bruit bizarre depuis 3 jours. On planifiait tout de même faire plusieurs milliers de kilomètres avec et il n’aurait pas fallu pas qu’on se retrouve au dépourvu en plein milieu du désert). Rémi revient à la maison ; je l’entends dire à Roger, avant qu’il entre « Check the look on here face when im gonna tell her. » Bon, le char a un problème. Rémi m’annonce que 4 des 6 pistons ont cessé de fonctionner et que selon le pressure test que le mécanicien coréen a fait, va falloir changer le moteur. Changer le moteur! What! « -Et ça revient à combien? – Bah à peu près le prix du char. 2200$ » Ouf. Je sais pas pourquoi mais ça me surprend pas. C’est un vieux char, on a tout de même fait 3000km avec.

On analyse la situation. Soit que A : on paie la réparation. Mais encore là rien ne dit que quelque chose d’autre ne va pas briser. Soit que B : on continuer tout de même notre voyage, en se croisant les doigts que le char nous pète pas dans la face. Soit que C : On le revend immédiatement à d’autres touristes. Et puis on s’en achète un autre ou on prend le bus, mais n’importe quoi pour ne pas avoir ce citron. Ya un marché ici, on a mis une annonce sur gumtree (site comme kijiji) et en 1 journée on a eu 3 réponses. ÀÇ bien y penser, on élimine cette dernière option : on feelerait trop poche de gâcher le voyage de quelqu’un d’autre en leur vendant un char qu’on sait qui a besoin d’une huge réparation. On enlève également l’option B, ça serait vraiment trop irresponsable de continuer en faisant semblant que le char est ok ; des plans pour qu’on aboutisse dans une situation encore pire qu’on est en ce moment. On n’est pas si mal en ce moment : Roger et Ben nous feed en bouffe et vino, ya la plage, il fait beau, ça nous coute pas cher. Et ya plein de festivals dans la ville, ya vraiment de l’ambiance.

On décide donc de rester à Adélaide et de travailler pour payer la réparation. J’écris à tous mes contacts en web. Rémi fait de même en SEO. Il travaillera également sur les sites de Roger et de Ben, en échange de quoi on pourra rester gratuitement. Rémi voulait également prendre le temps de travailler sur un site à lui, pour sa future compagnie de SEO ; je lui ai fait un logo et un design. Je réussis à me trouver un contrat temporaire temps plein pour 3 semaines. Yé! Entre temps Rémi magasine les mécaniciens et les moteurs de seconde main. La situation nous fâche et on n’en revient pas mais bon c’est la vie. On prend le beat de Adélaide, on s’inscrit même au gym que Ben va. Ça nous fait du bien de se bouger physiquement, on a fait trop de char dans les dernières semaines. Mes contrats avancent bien, on apprécie mes designs. Je suis contente de travailler, ça me fait du bien, ça a été tellement rough avec Rémi ces dernières semaines, on s’est pas mal éloignés. Ça me change les idées et ça me fait du bien qu’on m’apprécie, même si c’est que pour mon travail. Ben et Roger sont aussi très gentils, c’est facile vivre avec eux. Rémi s’informe du mieux qu’il peut pour le char, Ben nous dit que le gars du gym a un ami (voisin du gym) qui a un garage. On va lui porter pour une seconde inspection. Le messieu revient vers nous avec un sourire « You guys are lucky !» Turns out que finalement il a seulement changé les spark plugs (les tubes longs noirs en plastique…ou serait-ce les pistons ?) Bref finalement ca a seulement coute 240$! Nice!!! Ca va nous faire du cash d’extra pour voyager donc! Bonne nouvelle!

En conclusion, toutes les réparations nous ont couté : 240 + 400 (changement d’huile + changer freins + changer pneus) = 640$ Notre char est ainsi pimpé et prêt pour la route!

Les wineries d’Adélaide

On a eu la chance de tomber sur quelqu’un de très intéressant, gentil et disponible à Adélaide : Roger, habitant dans une maison avec son flatmat Ben. Il nous a accueillis un peu plus d’une semaine, nous invitant à visiter plusieurs wineries, à partager les repas, à passer une nuit sur un house boat et nous accompagnant un peu partout.

Le climat sec et chaud du Sud de l’Australie est parfait pour le vin. Celui-ci provient de 3 régions : Adealaide (Barrossa Valley, Adelaide Hills, Clare Valley), Sydney (Hunter Valley) et Melbourne (Yarra Valley). Nous sommes allés visiter les tasting rooms de six wineries des environs, soit : Napenthe, Petaluma, Laughing Jack, Rockford, Villa Tinto, Penfolds. Les dégustations sont gratuites et vous pouvez gouter chaque fois environ une dizaine de vins (se vendant de 17 à 65$ la bouteille). Généralement les personnes qui vous servent sont très sympathiques, jasantes et semblent vraiment aimer leur travail. C’est peut-être aussi parce qu’on arrivait déjà avec un contact (Roger connaissait plusieurs d’entre eux). Le messieu de Vila Tinto, un argentin assez âgé, a été particulièrement charmant et généreux, nous fournissant nous seulement en vin, mais aussi en biscottes, fromage et saucisson…et nous offrant 3 bouteilles de vin en partant!

Wow! Rémi et moi ne sommes pas de grands connaisseurs dans le domaine, loin de là! Rémi a toutefois appris assez vite les keywords, et au bout de la sixième pouvait presque discuter avec la bairmaid de la teneur de celui-ci en tennants ou de la rondeur de celui-là. Hehehe. Il a malgré tout été démasqué lorsqu’il a demandé si le vin qu’il tenait à la main pouvait devenir meilleur en le laissant rester 15 ans…c’était un blanc! Leçon numéro 1 : Ce sont principalement les vins rouges qui sont fait pour vieillir. Et ils doivent avoir été créés dans cet esprit. Vous ne pouvez pas juste prendre le premier vin qui vous tombe sous la main, l’oublier 40 ans et l’ouvrir en espérant y trouver un miracle. Enfin, c’est possible mais faudrait être très chanceux. Roger a fabriqué lui-même quelques bouteilles il y a 13 ans : la moitié est crap et l’autre moitié est très bonne…ça a l’air assez random. Un autre tip pour avoir l’air d’un connaisseur : prendre la coupe par la tige (sinon la chaleur de la main fait réchauffer le vin). Ensuite faire tourner le vin sur lui-même dans la coupe, y mettre son nez (le plus profond possible) et finalement en boire une petite gorgée, qu’il faut garder dans sa bouche en faisant entrer de l’air tout en faisant un drôle de bruit.

Roger en savait vraiment beaucoup sur le vin et a même déjà travaillé dans le domaine. Chez Penfolds, il nous a même fait faire un petit tour des tinques et installations. Comme vous le savez surement, le vin blanc vient du jus pressé des raisins qui ont fermenté. Et pour faire du vin rouge, on ajoute les peaux des raisins lors de la fermentation, et voilà! J’étais surprise de voir que le vin fermentait dans des espaces en béton recouverts de parrafine et non en métal. Une fois que le vin y est déposé, on recouvre le tout de planches de bois. - Hmm and what about bugs? –Well. There are bugs everywhere here. They just get turned into wine as well.-Hmm. Uggh. C’était également étonnant de l’entendre discuter avec les différents propriétaires, ils connaissent par cœur le climat des 20 dernières années! Oh yeah, 1998! That was a magnificent year! Winter was cool and wet and summer hot and dry. Avoir une winery est une affaire de famille. Beaucoup ont appris sur le tas avec les années, mais récemment il est aussi possible de faire un degree dans le domaine. Avoir une winery sonne fancy et source d’argent, mais en fait c’est d’abord une job pour les passionnés, et pour le moment pas aussi payante qu’on pourrait le croire (ex : 60k). Ça a quand même l’air assez cool comme lifestyle.

Flinders Range

Nous avons fait un petit détour par les Flinders Range avant d’atteindre Adélaide. J’avais prévu de parcourir en entier le parc, lorsque je regardais la carte, mais en fait tout est bien loin ici en Australie. Surtout lorsqu’on n’a pas de char 4×4. Aussi ya le fait qu’il fait chaud en titi dans le désert, et qu’à dormir pas trop bien dans le char, ça nous assomme assez vite. Bref les randos et visites ne sont pas aussi faciles qu’en NZ, mais c’était quand même intéressant. La veille on a dormi dans une rue de terre à côté d’un champs : en plus des classiques lapins, on y a aperçu 2 grosses chouettes blanches! Elles se sont envolées vers nous, pendant un moment ça m’a fait penser au début de Labyrinth.

On a marché jusqu’à une grotte rupestre décorée de peintures orangées et rougeâtres, de mains et de tridents. Dommage qu’il n’y avait pas de panneau informatif, on aurait bien aimé savoir combien de milliers d’années elle avait. Or not. On est toujours suspicieux de l’authenticité de ces grottes datant avant de l’avènement de M. Cook.  Sur le chemin, en plus de croiser des perruches vertes et de petits lézards de différentes sortes, on a pu voir plusieurs types de fourmis. Non seulement les voir mais aussi les sentir…ouch! Les bull ants ont tendance à monter sur vos souliers dès que vous restez en place. Et elles mordent. Pas ultra douloureux, mais juste assez pour que ça dérange.

Ensuite, à  bord de notre bebimobile, nous nous sommes enfoncés sur une longue route  aride menant à un très beau point de vue sur la chaîne de montagnes. Very nice. On est assez satisfaits de notre char. Malgré son âge avancé (1995), son moteur a l’air plus clean que ma propre voiture (2002). Le gouvernement exige que les véhicules soient vérifiés et réparés avant d’obtenir la REGO et de prendre la route, therefore on a la conscience assez tranquille.

Roadtrip dans l’outback

Après avoir gonflé les pneus et fait le plein d’huile et de gaz, nous sommes donc partis vers Adélaide, là où le soleil rayonne. Pour la première vraie fois, j’ai pris le volant dans un pays étranger sur une bonne distance; c’est tout de même plus de 15 heures de char, alors faut se relayer. Il pleuvait toujours et encore lors de notre départ. Au fur et à mesure qu’on s’avançait vers l’ouest, on arrêtait dans les stations-services faire très souvent le plein (les distances sont grandes, vaut mieux pas être pris au dépourvu) et s’informer des conditions routières. On était tellement déterminés à s’en aller qu’on l’aurait bien fait d’une traite, toutefois les conditions (routes floodées) et les animaux (kangourous actifs la nuit) demandaient qu’on s’arrête. On a dormi dans des trucs stops, s’éveillant entourés d’une dizaine de 18 roues. Faut dire que les parcs ici sont bien équipés : plaque chauffantes au gaz (style BBQ) gratuites, toilettes publiques, même des stations de gym en plein air.

Au fil qu’on avançait la végétation changeait : d’abord des arbres, puis des buissons, puis juste de l’herbe et du sable rouge. La première fois que j’ai aperçu ma première boule de foin roulant au vent (oui oui comme dans les westerns!) j’ai eu un immense sourire. Et un encore plus grand sourire lorsqu’on a croisé des kangourous et des émeus, traversant la route. L’-outback- était beaucoup moins désertique et beaucoup plus vert qu’on s’y attendait, à cause des pluies, mais au moins ça avait un bon côté : la faune était plus active.  On a aussi vu un renard (brun foncé, gros comme un loup). Également de très beaux oiseaux noirs et vert fluo. Et des chèvres, mais je crois qu’elles étaient domestiques et égarées. Je dois vous confesser que je crois avoir bien malgré moi, avoir écrasé deux mini grenouilles. C’était elles ou nous.

On a fait un stop rapide par Broken Hill (ville minière), mais comme il pleuvait toujours, on a simplement continué. Jusqu’à ce qu’on arrive à la frontière de South Australia. Ou il fallait absolument avoir mang nos fruits et légumes avant d’y entrer. Pour les fermiers je crois. Ils ne veulent pas qu’on amène des bibittes dans leurs plantations. On s’est donc parqués sur le côté et on a englouti la tomate, les bananes et les pommes qu’on avait. –Ça serait tellement drôle qu’en fait, t’arrive là et que ce soit une joke du ministère de la santé, t’incitant à manger plus de fruits! Mais bon ce ne fut pas le cas. Le douanier nous confisquât nos onions (on est cheap mais on serait pas allés jusqu’à les manger crus quand même :P)

Big Wet à Brisbane

De la pluie. Des orages. Des thunderstorms la nuit. Encore de la pluie. Des routes -floodées-. Des maisons encore une fois sous la flotte. Des milliers de personnes réfugiées dans des centres. Des écoles fermées. Les plages pleines de débris. Des animaux un peu partout (vaches sur terrain de golf?). De la pluie qui ne finit pluie. Et ce n’est que le début parce que la wet season durera encore au moins un mois, voire deux. Merde exactement pendant la période de notre voyage c’est tu poche ça? On checke le weather forecast : sur 10 jours rien que de la pluie, des orages et des thunderstorms. L’art d’être au mauvais endroit au mauvais moment. Le gars à la radio l’a dit, cette année ce sera une Big Weat. –Did it began like this, last year? Je demande à notre host (habitant à Beachmere). – Well, kinda. Il me répond avec un sourire. Lui ca l’inquiète pas trop, il est habitué à la température et à ce que l’accès à sa maison soit floodé durant cette saison. L’an passé les pluies ont été particulièrement torrentielles ; les flash floods ont eu raison de plusieurs centaines de vies et de milliers de demeures. Rémi et moi sommes allés au Musée gratuit à Brisbane, il y avait une expo sur le sujet. Ce qui nous a marqué le plus : un vidéo de secours en hélicoptère et la partie ou les visiteurs partageaient leur histoire en l’écrivant sur un bout de papier affiché. Un couple avait écrit un témoignage touchant sur la mort de leurs amis. Ouff.

Dès la seconde journée de notre arrivée a Brisbane on s’est mis d’accord sur la nécessité d’avoir un char ; ça permet tellement plus de liberté. On a conclu qu’en acheter un valait mieux qu’en louer un. C’est moins cher et en plus on est libre quant à la date et lieu sa revente. Nous avons donc acheté une Toyota Camry station wagon 1995 de deux allemands, après une rapide visite au garage. Pour 2500$. La REGO (registration) est bonne jusqu’au 19 mars. Si on décide de le garder après cette date faut seulement aller payer un 300$ (qu’on ajoutera au montant de la revente). On espère pouvoir le revendre au même prix ; et même si on le vend 1000$ de moins, ça va quand même seulement nous avoir couté 1000$ à 2 pour 2 mois de voyagement. On était bien contents de finalement avoir un char. Ça nous a permis d’aller visiter l’Alma Park, ou on a pu voir nos premiers kangourous et les nourrir à la main. Normalement on peut aussi toucher aux koalas, mais c’était au moment de notre visite interdit à cause des dernières fortes pluies qui leur ont apporté trop de stress. On est aussi rapidement passé s voir les Glass House mountains, au nord, petits pics pointus enveloppés dans les nuages. Ça nous a bien plus, par contre le weather, toujours pluvieux, nous enchantait beaucoup moins.

–Ok, on est à Brisbane. On a un char. Il pleut tout le temps. Et ça va pas s’améliorer, on fait quoi maintenant? –Mautadit, j’aurais dû écouter mes parents, ils m’avaient avertie, même avant d’arriver en Australie qu’il y avait des inondations. Mais tsé je me disais que surement que c’était des trucs localisés, pendant une courte période, je me douterais pas que c’était dans 2 provinces en entier pendant 2 mois! J’ai jamais été confrontée à ça de ma vie, je ne pensais pas que c’était aussi intense. Je m’en veux de ne pas avoir pris ces avertissements au sérieux. Mais tsé en même temps c’est tout nouveau ce phénomène, depuis l’an dernier seulement que les wet seasons sont aussi drastiques. Il n’était même pas écrit dans mon Lonely (datant de 2009-2010) d’éviter à tout prix cette période. – Ok ben qu’est-ce qu’on fait maintenant? On va à Adelaide, y fait soleil… – Ben ça va nous couter plus que 1000$ de gaz! –Hmmm ben alors on reste ici, on se pogne un Helpex, on reste là 1 mois et lorsqu’il fera beau on ira jusqu’à Cairns. –Hmm ouin. Anyway tu voulais travailler sur ton site. Et comme ça tu serais proche de Noosa pour aller faire du kite. – Oui parfait. *La nuit passe*. Je me réveille en passant à tous les trucs que j’avais noté à voir dans cet immense pays. Au fait que je vais surement venir ici seulement 1 fois dans ma vie. –Argg je sais pu trop pour Noosa. Je sais pu ce que je veux faire… Tsé me semble que je viens juste d’arriver ici, j’aurais envie de voir plein de choses, et là on s’en va hiberner 1 mois en attendant que ça devienne peut être beau. – Ben branche-toi, moi je m’en fou ce qu’on fait. Toi on dirait que peu importe ce qu’on fait tu vas pas être contente. –Arggg je sais pas! Si seulement je pouvais revenir en arrière et prendre un avion pour Adelaïde au lieu de Brisbane! – Bah tant qu’à y être pourquoi on n’est pas restés 1 mois de plus en NZ. –Bah ça sert à rien d’en rajouter… -Ok facke qu’est-ce que tu veux faire, ça me rend vraiment malheureux de te voir si découragée. – Je sais pas, je suis surtout fru envers moi-même de pas avoir vérifier tout ça avant. – Bon ben fuck that alors on revient à Montréal. –Arggg come on.

C’est pas évident être 24h sur 24 ensemble tout le temps, pas étonnant qu’il y ait des frictions… Surtout lorsque la température ruine tout que la frustration et le découragement mutuel s’installe. Nos amis qui ont déjà fait le même genre de trip nous avaient prévenus que c’était difficile pour le couple. Surtout que j’avoue que j’ai tendance à stresser facilement et que je veux que tout soit parfait. Cette aventure est un bouleversement d’émotions qui plonge notre relation dans un questionnement profond et met la force de celle-ci au défi. Puisse notre amour triompher dans la tempête. Amen.