
Ya rien de mieux qu’une araignée veneneuse sur son lit pour te sortir de ton etat de lendemain de veille.

Ya rien de mieux qu’une araignée veneneuse sur son lit pour te sortir de ton etat de lendemain de veille.
On a eu la chance de tomber sur quelqu’un de très intéressant, gentil et disponible à Adélaide : Roger, habitant dans une maison avec son flatmat Ben. Il nous a accueillis un peu plus d’une semaine, nous invitant à visiter plusieurs wineries, à partager les repas, à passer une nuit sur un house boat et nous accompagnant un peu partout.
Le climat sec et chaud du Sud de l’Australie est parfait pour le vin. Celui-ci provient de 3 régions : Adealaide (Barrossa Valley, Adelaide Hills, Clare Valley), Sydney (Hunter Valley) et Melbourne (Yarra Valley). Nous sommes allés visiter les tasting rooms de six wineries des environs, soit : Napenthe, Petaluma, Laughing Jack, Rockford, Villa Tinto, Penfolds. Les dégustations sont gratuites et vous pouvez gouter chaque fois environ une dizaine de vins (se vendant de 17 à 65$ la bouteille). Généralement les personnes qui vous servent sont très sympathiques, jasantes et semblent vraiment aimer leur travail. C’est peut-être aussi parce qu’on arrivait déjà avec un contact (Roger connaissait plusieurs d’entre eux). Le messieu de Vila Tinto, un argentin assez âgé, a été particulièrement charmant et généreux, nous fournissant nous seulement en vin, mais aussi en biscottes, fromage et saucisson…et nous offrant 3 bouteilles de vin en partant!
Wow! Rémi et moi ne sommes pas de grands connaisseurs dans le domaine, loin de là! Rémi a toutefois appris assez vite les keywords, et au bout de la sixième pouvait presque discuter avec la bairmaid de la teneur de celui-ci en tennants ou de la rondeur de celui-là. Hehehe. Il a malgré tout été démasqué lorsqu’il a demandé si le vin qu’il tenait à la main pouvait devenir meilleur en le laissant rester 15 ans…c’était un blanc! Leçon numéro 1 : Ce sont principalement les vins rouges qui sont fait pour vieillir. Et ils doivent avoir été créés dans cet esprit. Vous ne pouvez pas juste prendre le premier vin qui vous tombe sous la main, l’oublier 40 ans et l’ouvrir en espérant y trouver un miracle. Enfin, c’est possible mais faudrait être très chanceux. Roger a fabriqué lui-même quelques bouteilles il y a 13 ans : la moitié est crap et l’autre moitié est très bonne…ça a l’air assez random. Un autre tip pour avoir l’air d’un connaisseur : prendre la coupe par la tige (sinon la chaleur de la main fait réchauffer le vin). Ensuite faire tourner le vin sur lui-même dans la coupe, y mettre son nez (le plus profond possible) et finalement en boire une petite gorgée, qu’il faut garder dans sa bouche en faisant entrer de l’air tout en faisant un drôle de bruit.
Roger en savait vraiment beaucoup sur le vin et a même déjà travaillé dans le domaine. Chez Penfolds, il nous a même fait faire un petit tour des tinques et installations. Comme vous le savez surement, le vin blanc vient du jus pressé des raisins qui ont fermenté. Et pour faire du vin rouge, on ajoute les peaux des raisins lors de la fermentation, et voilà! J’étais surprise de voir que le vin fermentait dans des espaces en béton recouverts de parrafine et non en métal. Une fois que le vin y est déposé, on recouvre le tout de planches de bois. - Hmm and what about bugs? –Well. There are bugs everywhere here. They just get turned into wine as well.-Hmm. Uggh. C’était également étonnant de l’entendre discuter avec les différents propriétaires, ils connaissent par cœur le climat des 20 dernières années! Oh yeah, 1998! That was a magnificent year! Winter was cool and wet and summer hot and dry. Avoir une winery est une affaire de famille. Beaucoup ont appris sur le tas avec les années, mais récemment il est aussi possible de faire un degree dans le domaine. Avoir une winery sonne fancy et source d’argent, mais en fait c’est d’abord une job pour les passionnés, et pour le moment pas aussi payante qu’on pourrait le croire (ex : 60k). Ça a quand même l’air assez cool comme lifestyle.
Nous avons fait un petit détour par les Flinders Range avant d’atteindre Adélaide. J’avais prévu de parcourir en entier le parc, lorsque je regardais la carte, mais en fait tout est bien loin ici en Australie. Surtout lorsqu’on n’a pas de char 4×4. Aussi ya le fait qu’il fait chaud en titi dans le désert, et qu’à dormir pas trop bien dans le char, ça nous assomme assez vite. Bref les randos et visites ne sont pas aussi faciles qu’en NZ, mais c’était quand même intéressant. La veille on a dormi dans une rue de terre à côté d’un champs : en plus des classiques lapins, on y a aperçu 2 grosses chouettes blanches! Elles se sont envolées vers nous, pendant un moment ça m’a fait penser au début de Labyrinth.
On a marché jusqu’à une grotte rupestre décorée de peintures orangées et rougeâtres, de mains et de tridents. Dommage qu’il n’y avait pas de panneau informatif, on aurait bien aimé savoir combien de milliers d’années elle avait. Or not. On est toujours suspicieux de l’authenticité de ces grottes datant avant de l’avènement de M. Cook. Sur le chemin, en plus de croiser des perruches vertes et de petits lézards de différentes sortes, on a pu voir plusieurs types de fourmis. Non seulement les voir mais aussi les sentir…ouch! Les bull ants ont tendance à monter sur vos souliers dès que vous restez en place. Et elles mordent. Pas ultra douloureux, mais juste assez pour que ça dérange.
Ensuite, à bord de notre bebimobile, nous nous sommes enfoncés sur une longue route aride menant à un très beau point de vue sur la chaîne de montagnes. Very nice. On est assez satisfaits de notre char. Malgré son âge avancé (1995), son moteur a l’air plus clean que ma propre voiture (2002). Le gouvernement exige que les véhicules soient vérifiés et réparés avant d’obtenir la REGO et de prendre la route, therefore on a la conscience assez tranquille.
Après avoir gonflé les pneus et fait le plein d’huile et de gaz, nous sommes donc partis vers Adélaide, là où le soleil rayonne. Pour la première vraie fois, j’ai pris le volant dans un pays étranger sur une bonne distance; c’est tout de même plus de 15 heures de char, alors faut se relayer. Il pleuvait toujours et encore lors de notre départ. Au fur et à mesure qu’on s’avançait vers l’ouest, on arrêtait dans les stations-services faire très souvent le plein (les distances sont grandes, vaut mieux pas être pris au dépourvu) et s’informer des conditions routières. On était tellement déterminés à s’en aller qu’on l’aurait bien fait d’une traite, toutefois les conditions (routes floodées) et les animaux (kangourous actifs la nuit) demandaient qu’on s’arrête. On a dormi dans des trucs stops, s’éveillant entourés d’une dizaine de 18 roues. Faut dire que les parcs ici sont bien équipés : plaque chauffantes au gaz (style BBQ) gratuites, toilettes publiques, même des stations de gym en plein air.
Au fil qu’on avançait la végétation changeait : d’abord des arbres, puis des buissons, puis juste de l’herbe et du sable rouge. La première fois que j’ai aperçu ma première boule de foin roulant au vent (oui oui comme dans les westerns!) j’ai eu un immense sourire. Et un encore plus grand sourire lorsqu’on a croisé des kangourous et des émeus, traversant la route. L’-outback- était beaucoup moins désertique et beaucoup plus vert qu’on s’y attendait, à cause des pluies, mais au moins ça avait un bon côté : la faune était plus active. On a aussi vu un renard (brun foncé, gros comme un loup). Également de très beaux oiseaux noirs et vert fluo. Et des chèvres, mais je crois qu’elles étaient domestiques et égarées. Je dois vous confesser que je crois avoir bien malgré moi, avoir écrasé deux mini grenouilles. C’était elles ou nous.
On a fait un stop rapide par Broken Hill (ville minière), mais comme il pleuvait toujours, on a simplement continué. Jusqu’à ce qu’on arrive à la frontière de South Australia. Ou il fallait absolument avoir mang nos fruits et légumes avant d’y entrer. Pour les fermiers je crois. Ils ne veulent pas qu’on amène des bibittes dans leurs plantations. On s’est donc parqués sur le côté et on a englouti la tomate, les bananes et les pommes qu’on avait. –Ça serait tellement drôle qu’en fait, t’arrive là et que ce soit une joke du ministère de la santé, t’incitant à manger plus de fruits! Mais bon ce ne fut pas le cas. Le douanier nous confisquât nos onions (on est cheap mais on serait pas allés jusqu’à les manger crus quand même :P)